Reality show
Scrogn | 6 août 2007J’attendais… Et j’attendais… Et j’attendais….
J’en ai l’habitude. L’Affreux Jojo est un dur à cuire, type « semelle de botte » avant même de se brûler les ailes devant mon autorité.
Il a une façon de froncer son petit nez, comme j’ai vu son arrière-grand-mère le faire. Croyez-moi, ce n’est pas bon signe. Le sang breton coule dans ses veines et durcit à l’envie son caractère. Et son caractère fut martelé sur la même enclume que le mien. Nous avons le même poinçon. La forge a fait ses preuves.
Devant un tel énergumène, on se fait d’abord des cheveux. Puis, du mauvais sang. Finalement, une raison.
Comme je suis aussi têtue que lui et que je le connais comme si je l’avais fait (oui, bon, on se comprend…), j’ai cru que la meilleure stratégie se nommait « je-t’aurai-à -l’usure ».
Aussi,  je faisais semblant d’être entièrement absorbée par l’écran (éteint) de mon ordinateur en attendant que l’Affreux Jojo cède enfin. Le sujet de notre étude était assis en tailleur devant un téléviseur (éteint lui itou). D’habitude, il adopte un ton péremptoire pour que la main maternelle allume le poste. Et ainsi se gaver d’émissions pour enfants qui sont censées lui apprendre les rudiments de la vie en société. Notamment les formules de politesse. Celles qui font perdre un temps précieux aux affreux mais qui ont un pouvoir magique à nos yeux, pauvres parents.
Et j’attendais la formule sacrée « Maman, tu allumes la télévision, s’il-te-plaît ? »… Je l’ai attendue longtemps et j’ai eu autre chose :
– Bon, Maman, je fais quoi avec mes yeux maintenant ?
L’évier de la cuisine, étouffé de vaisselle sale, fût obligé de recueillir mon fou-rire, pas même discret.Â
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