Un petit pois, deux mesures
Scrogn | 11 Décembre 2010Je vous plante le décor.Je m’amusais allègrement à extirper une pièce de Lego en train de compoter dans un radiateur posté dans une chambre d’affreux à l’aide d’un couteau. Déjà , ça sent le drame racinien.
La délicieuse voix du Grumpy grimpa les escaliers pour se fracasser contre mes tympans.
» Maman ! Les petits pois flottent ! C’est drôôôôôôôôle ! »
Ceux qui me suivent depuis mes débuts savent que j’ai mis au monde des affreux dotés d’une imagination formidable pour perpétrer des bêtises farfelues et d’une candeur incroyable pour m’en informer. D’autant que ce jour-là , j’avais mis une casserole pleine d’eau sur les plaques de cuisson. Corneille peut aller se rhabiller.
On dit que toute notre vie défile devant nos yeux aux portes de la mort. Moi, je peux certifier que toutes les hypothèses atroces fusent dans le cerveau d’une mère alors qu’elle dévale les marches.
J’avais beau me dire que je n’avais pas allumé sous la casserole, que les petits pois étaient dans la partie supérieure du frigo, que Grumpy aurait fait un boucan de tous les diables s’il avait voulu se servir, il restait toujours une horrible angoisse. Et si, dans un moment d’étourdie inouïe, j’avais mis la cuisson en route ? Et si mon bébé avait été suffisamment discret pour se saisir d’une chaise pour atteindre le compartiment « congélateur », retirer le sac de légumes et en mettre le contenu dans la marmite frémissante d’envie de le brûler ?
J’atteignais les dernières marches lorsque (enfin), je réalisais que les petits pois…
Grumpy : R’garde maman ! Ils flottent ! Je peux tirer la chasse d’eau ?
… nous les avions mangés la veille.
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